s.s. nautilus
Journal de bord du Nautilus : 11/10/2021
François Ruffin est en tournée pour présenter son nouveau film co-écrit comme d'habitude avec Gilles Perret :




Le film rappelle beaucoup Merci patron! par son humour et ses émotions fortes. On pleure pas mal et on rit en même temps. C'est un film qui fait vraiment du bien. Il montre la vie de ces travailleuses essentielles qui ont été en première ligne et que l'on "rémunère si mal" pour reprendre le discours pleins de blablas et sans action concrète de notre cher monarque.

Mention spéciale à Bruno Bonnell, le pitre LaREM, touché par la grâce et qui nous fait bien rire malgré tout. Lors du débat de rue qui a précédé l'avant-première devant le Gibert-Joseph, étaient venus une bande de supporter de droite scandant des "Vauquiez président !" et des "Allez les bleus !" (sous-entendus les flics). Bref, du haut niveau. Ruffin les a mouché en leur demandant si ils savaient ce qu'avait dit le général De Gaule aux grands patrons à la Libération ("On ne vous a pas beaucoup vu à Londres..."). Les pauvres bleus n'avaient que des "Je ne parle pas aux représentant de l'extrême gauche" à rétorquer. "Mais qu'est-ce que vous faites là alors !" a répliqué Ruffin. Tout était dit.

Merci François pour ce très bon moment et pour le débat d'après projection. Le film sort ce mercredi en salle. Précipitez-vous !

Petit plus, la fameuse chanson "Debout les femmes" qui fleure bon la révolution..




Journal de bord du Nautilus : 09/10/2021
"Il est temps de mourir". Cette sentence définitive de Roy Batty dans le fabuleux Blade Runner convient parfaitement au dernier opus de James Bond, No time to die .

Non pas que le film soit mauvais, mais il marque la fin d'une époque. Bien-sûr, Fukunaga n'a pas le talent de Sam Mendes , mais il n'y a pas que ça. Le film manque cruellement de rythme, d'enjeux, de vie. Tous les défauts de Bond sont là mais comme un passage obligé. Son alcoolisme n'est évoqué que par un nombre incalculable de shots. Les Aston Martin sont au nombre de 3 : l'antique DB5 qui fait le gros du job, la V8 Saloon (moins belle que la Vintage à mon goût) et la récente DBS n'étant là que pour le décor.

C'est relativement bien filmé, la ville de Matera est une fois de plus mise à contribution pour son décor pittoresque. On a l'impression que l'on a voulu rendre hommage à la grande époque. Notamment avec la base secrète du méchant, tout en béton.

Côté casting pas de réelle surprise car le film reprend les personnages des derniers épisodes de manière encore plus présente que dans Spectre . On a même droit à un portrait de l'ancien M au mur, façon vieille aristocratie britannique des plus pathétiques. On notera quand même la présence furtive de la resplendissante Ana de Armas , la magnifique Joi dans Blade Runner 2049 , dans le rôle d'une agente de la CIA. La future remplaçante de 007 dans la saga n'explose pas à l'écran, c'est le moins que l'on puisse dire.

La musique de Hans Zimmer est sans grande originalité et va même jusqu'à reprendre des bouts de thèmes d'anciens James Bond renforçant encore le côté nostalgique et mortuaire de l'entreprise.

Bref, c'est la fin. C'est triste et en même temps, on se doit de remercier Daniel Craig d'avoir remarquablement incarné l'espion de sa Majesté. On retiendra


le meilleur James Bond selon moi et également le magnifique


Mais la fin de James Bond marque aussi la libération de Daniel Craig qui va pouvoir exploiter son grand talent dans de nouvelles productions comme on a pu le constater avec l'excellent


où il incarne une sorte d'Hercule Poirot du Middle West au mileu d'une distribution remarquable. Souhaitons que l'on puisse découvrir d'autres facettes de son talent.

Alors, bien-sûr, à la fin du générique, on nous dit comme toujours que "007 reviendra", mais ce sera sans moi.


Journal de bord du Nautilus : 26/09/2021
On attendait avec un certaine impatience la nouvelle adaptation du premier roman du fameux cycle de Frank Herbert par le prodige du cinéma Denis Villeneuve et on n'a pas été déçus.




Villeneuve est reparti du récit original qui est déjà très dense et l'esprit du roman a été respecté à la lettre. Tout y est : le pouvoir religieux du Bene Gesserit, les intrigues politiques entre les différentes Maisons (Atréides, Harkonnen...) le peuple mystérieux des Fremen, l'Epice, le ver des sables, la prescience, le krys, la Voix... Un sans faute donc. Si vous n'avez pas lu le cycle de Dune, vous risquez quand même de vous trouver submergés par les différents concepts même si l'utilisation d'une sorte de Wikiprédia utilisé par Paul vient astucieusement au secour du spectateur.

Côté casting, c'est aussi parfait. Le jeune Timothée Chalamet habite véritablement le rôle complexe de Paul. Oscar Isaac est comme à son habitude impeccable en duc Leto. Rebecca Ferguson incarne une dame Jessica à la fois forte et terrifiée. Tous les autres rôles sont également parfaitement castés.

Mais le plus impressionnant selon moi est l'image très travaillée comme à son habitude. Villeneuve atteint là un sommet en matière de couleurs. Il n'est pas tombé dans le piège du désert orange qui écrase tout de sa chaleur. La plupart des scènes se déroulent en semi-obscurité. Car sur Arrakis, on vit à l'abri de la chaleur et essentiellement la nuit, enterrés comme les Fremen. Les clairs-obscurs renforcent le côté oppressant de cette planète où l'empire a du mal à s'implanter et à comprendre le peuple des sables.

Côté décors et SFX, là encore un sans faute. Les vaisseaux sont d'une beauté à couper le souffle. Mention spéciale au traitement des ornithoptères qui sont d'un réalisme fou. Le son est également de la partie avec parfois une musique un peu trop présente (défaut déjà remarqué sur Blade Runner 2049 .

Pour en savoir un peu plus sur le tournage du film et la vision de Denis Villeneuve, un interview très intéressant du cinéaste par le Fossoyeur de films et Nexus 6, deux des meilleurs spécialistes cinéma sur Internet.




Dune a enfin une adaptation cinématographique à la hauteur du chef d'oeuvre de Frank Herbert qui relègue celle de David Lynch aux tiroirs de l'oubli. Vivement la deuxième partie !


Journal de bord du Nautilus : 24/09/2021
Après des mois d'abstinence, retour dans les salles de concert. Et ça fait un bien fou. Concert hier soir d'Altin Gün à la Belle électrique. Ambiance relativement chaude pour ce groupe néerlandais qui marie avec brio, musique actuelle et traditionnelle turque. Emmené par Erdinc Ecevit Yildiz, véritable virtuose du saz, instrument traditionnel de la région, sorte de luth avec un manche très fin et la charmante Merve Dasdemir, Altin Gün se distingue par un son electro-funk surprenant.

A découvrir en concert avec un avant-goût sur Arte.



Journal de bord du Nautilus : 28/03/2021
Les beaux jours reviennent et avec eux le temps des manifs. Encore pas mal de vert et de rouge par cet aprem ensoleillée et des bleus très très discrets...

Une fois de plus donc, suivant les conseils de notre premier sinistre avec sa devise "Dedans avec les miens, dehors avec le chien"*, nous avons marché pour dénoncer le foutage de gueule qu'est la loi climat qui sera "discutée" demain à l'Assemblée. On ne se faisait pas beaucoup d'illusion sur le fait que Micron ferait ce qu'il avait dit. Donc après le "grand" débat, on a doit à une énième déclaration à la COP ou la Grenelle qui brasse du vent mais n'aura aucun effet. Enfin gardons l'espoir, une autre fin du monde est possible !

Parmi les slogans de la manif, un ou deux vraiment sympa : "Moins de degrés sauf pour la bière" ou bien "Libérez les cyclistes enfermés dans leurs voitures".

Une étude vient de calculer qu'à la fin de ce siècle, l'été durera plus de la moitié de l'année. Alors je crois qu'on va devoir encore marcher pas mal...

* Citation légèrement modifiée par le Canard ;-)