s.s. nautilus
Journal de bord du Nautilus : 30/06/2026
Bon, j'avais décidé de laisser une chance à Spielberg qui n'avait rien fait de remarquable depuis Minority Report . Néanmoins j'y allais à reculons car la bande annonce ne m'avait pas vraiment convaincu.

Mais c'est bien pire que ce que j'imaginais. Soyons clair, ce film est indigne du réalisateur. Rien ne va.

Tout d'abord le scénario digne d'un mauvais épisode de X-Files . Je dirais même que c'est copié sur la série mais en beaucoup moins bien. C'est grandiloquent, prévisible et franchement énervant. On nous vend le disclosure day comme la révélation ultime alors que c'est une compilation des théories complotistes qui fleurissent depuis 1947 et le triste épisode de Roswell. La présentatrice essayant désespérément de faire passer une émotion complètement artificielle est particulièrement pathétique. J'ai lu que Spielberg croyait "vraiment" que des aliens avaient visité la Terre depuis des décennies. Ça explique sans doute la catastrophe. C'est vraiment dommage pour David Koepp que l'on a connu plus en forme !
En plus de théories complotistes, Spielberg barbouille son histoire de considérations religieuses ce qui finit de faire sombrer l'histoire dans le ridicule.

Côté technique, l'image est correct bien que l'on abuse allègrement d'effets de travelling rotatif autour des personnages un peut too much. En parlant de too much, le directeur photo attitré de Spielberg, Janusz Kaminski utilise des effets de lens flare (reflets d'éclairage sur l'objectif de la caméra) de manière complètement délirante. Je ne suis pas contre quelques flares de temps en temps pour l'esthétique d'une scène mais là c'est quasiment à tous les plans jusqu'à masquer le visage des actrices et acteurs quelque fois. C'est bien pire que dans le film Star Trek qui déjà en abusait. Ici c'est tellement trop que ça sort le spectateur du film et qu'on finit par ne plus voir que ça. Autre point noir, les effets spéciaux numériques notamment pour le rendu des animaux sauvages sont très mauvais.

Bref, il ne fait pas bon vieillir et il est peut-être temps de prendre une retraite bien méritée.

On peut se consoler en revoyant avec bonheur ses rencontres du 3ème types qui n'ont pas pris une ride...



Si vous voulez un vrai contact avec de l'émotion et des révélations, regardez Arrival de Denis Villeneuve .


La nouvelle génération est là...


Journal de bord du Nautilus : 08/02/2026
Encore une série venue du froid co-produite par Arte.
"The Danish Woman" est la nouvelle mini-série en 6 épisodesde Benedikt Erlingsson . Après "Woman At War", il nous conte une nouvelle fois des histoires de femmes en Islande. Cette fois le ton est plus à la comédie et l'humour noir mais le combat des femmes est une nouvelle fois au centre du propos. Entre adolescente enceinte sans l'avoir voulu, réfugiée immigrée menacée d'expulsion, fille mère dépressive à qui l'on tente d'enlever la garde de ses enfants, la série nous dépeint le quotidien d'une petite ville de la banlieue de Reykjavík.




Les personnages masculins ne sont guère reluisant entre voisin bruyant et dealer, mari violent ou écocidaire, la lutte des femmes dans ce coin de l'Islande ressemble à bien d'autres dans d'autres contrées.

Au milieu de ce bazar, Ditte Jensen, une voisine danoise fraîchement débarquée interprêtée par la merveilleuse Trine Dyrholm . A première vue elle a tout de la jeune retraitée tranquille qui fait des gâteaux et cultive son potager. En réalité, c'est une soldate des forces spéciales qui tente d'échapper à sa hiérachie en fuya,t en Islande. Même si elle semble appréciée de tous, sa vraie nature reprends le dessus et elle commence à rêgler les histoires de voisinage de manière assez radicale !

En plus de son très grand talent d'actrice, Trine Dyrholm est également chanteuse et la série vaut aussi beaucoup par sa bande originale , chaque épisode étant débuté et terminé par une chanson de l'artiste dans les paysages superbes de la région. On a même droit à une reprise en danois surprenante de Human Behaviour de Björk .




A déguster sans modération sur la plateforme Arte.


Journal de bord du Nautilus : 25/06/2024
Bon c'est vrai que je n'avais pas forcément été super emballé par Fury Road qui avait déjà son lot de défaut mais quand même, il y avait une certaine jubilation dans le rythme effréné du montage. On avait l'impression d'un Mad Max 2 dans lequel on aurait étiré les scènes d'action à l'extrême tout en supprimant tout ce qui pourrait laisser au spectateur le temps de respirer. Bien-sûr on avait déjà un peu perdu en réalisme avec l'introduction massive d'effets spéciaux numériques mais c'était relativement bien masqué par la photo surréaliste de l'ensemble, un peu comme dans 300 par exemple.

Je me rendais donc à la séance de FURIOSA avec moyennement d’enthousiasme. Et là, le choc. J'ai eu l'impression de voir un remake de Fury Road mais en beaucoup moins bien. Un peu comme la suite de 300, 300 : la naissance d'un empire . Aucune surprise, que du réchauffé, tout a déjà été montré dans Fury Road.

Mais le pire ce sont les effets numériques. Je n'avais pas vu d'effets aussi mauvais depuis bien longtemps. Tout est faux, aucune cohérence, tout fait plastique. Même les fonds verts se voient ! Bref, à aucun moment on arrive à rentrer dans une scène à cause de cet usage immodérés d'effets numériques ringards. Même dans des travellings larges, on voit le décor (les montagnes) incrusté, alors qu'une pauvre série française fait mieux avec de simples plans drone.

La distribution est à l'avenant. Anya Taylor-Joy , que j'aime beaucoup, n'arrive pas à la cheville de Charlize Theron . Le seul qui arrive à se sauver du naufrage est Chris Hemsworth en méchant à l'humour décalé qui arrive à faire vivre son personnage.

Furiosa, qui se voulait te tremplin pour de futurs épisodes de la saga va sans doute signer son arrêt de mort. Le box office catastrophique sans doute du au bouche à oreille dévastateur ne permettra sans doute pas à George Miller de s'amuser encore avec son jouet. Mais finalement, est-ce un mal ? Il y a tant d'autres projets à inventer...


Journal de bord du Nautilus : 08/04/2024
Déjà trois visionnages en salle de la seconde partie de la trilogie Dune de Denis Villeneuve et l'émotion est toujours aussi intense.




Que dire sinon que Villeneuve a su utiliser un budget en hausse par rapport au premier volet de manière optimal. Il crée une nouvelle référence visuelle pour la SF au cinéma. Les puristes détecterons bien quelques modifications par rapport au livre mais l'esprit est parfaitement respecté. Le premier volet était une exposition de l'univers pour permettre à ceux qui n'ont pas lu les livres de comprendre ce monde subtil. Le second volet peut se permettre alors de rentrer dans le vif du sujet à savoir l'intrication de la politique et de la religion. Les amateurs d'action pure seront sans doute frustrés mais ce qui fait la force du livre ce sont tous les enjeux de pouvoir qui gravitent autour de l'épice. Malgré ce côté cérébral, Villeneuve nous gratifie quand même de scènes spectaculaires comme le combat dans l'arène mais surtout la première chevauchée de Paul sur un ver des sables. Même après la troisième projection, les sensations sont toujours aussi puissantes.

Ce second opus est centré autour des Fremens. Avec Paul et Jessica, on découvre la richesse de leur culture et la valeur de leur combat pour la liberté. Une bonne partie des dialogues est directement dans leur langue qui s'inspire beaucoup comme dans le livre de l'arabe du désert. Si vous voulez approfondir le sujet, vous pouvez voir la vidéo que l'excellent Linguisticae consacre à ce sujet.




Concernant la bande son, on a une atmosphère encore plus puissante que le premier volet et la musique de Hans Zimmer place le thème de Chani au centre de sa composition ce qui est logique dans la mesure où le rôle joué par la sublime Zendaya est véritablement central dans ce second opus contrairement au premier film ou dans les livres de Herbert où le personnage est secondaire. Villeneuve a fait ce choix judicieux qui ajoute beaucoup d'émotions à la relation avec Paul.

Pour résumer, ce second film est une réussite totale de mon point de vue et on attend avec impatience le troisième film qui terminera probablement en feu d'artifice la trilogie. Il est évident que Villeneuve ne peut pas adapter l'ensemble de la saga qui nécessiterait plusieurs autres films mais on ne peut pas en vouloir au réalisateur le plus talentueux de son temps d'avoir envie de montrer autre chose. Legendary a quand même négocié le fait que Villeneuve s'attaque immédiatement au troisième opus et mette temporairement de côté son adaptation de Nuclear War: A Scenario. Il se murmure également que le réalisateur envisagerait la mise à l'écran du chef d'oeuvre d'Arthur C. Clarke "Rendez-vous with Rama"...

Pour terminer, si vous voulez une critique plus rigolote de ce deuxième opus, vous pouvez visionner l'excellent "De Deux" de l’inénarrable Ian Solo de la chaine 12 parsecs.





Journal de bord du Nautilus : 27/10/2023
Encore une pépite produite par Arte. Cette mini-série se passe à Mouthe dans le Doubs, la commune la plus froide de France. Un écrivain de polar en panne d'inspiration va faire plus ou moins équipe avec la gendarmerie locale pour essayer d'élucider une série de crime des plus étranges.




L'ambiance est assez indéfinissable. Un peu comme dans certaines séries scandinaves, on hésite entre humour à froid et atmosphère crépusculaire. Jean-Paul Rouve est très juste dans le rôle de l'écrivain qui utilise son expérience des serial killers pour à la fois tenter de résoudre cet énigme policière mais aussi une sombre histoire plus personnelle autour de ses origines. Il y a aussi de l'humour anglais dans les dialogues feutrés et le contraste créé par cette série de crime dans l'univers paisible de la campagne jurassienne. Dans le reste du casting on retrouve l'excellente India Hair , que l'on avait vu notamment dans Des gens bien . Mention spéciale à deux seconds rôles particulièrement savoureux, Ulrich joué par Pierre Lottin , sorte de malfrat inculte, et Mc Cree, joué par Julien Drion, gendarme auxiliaire déjanté.

Cette série par son côté universel a toutes les chances de cartonner un peu partout en Europe et même aux Amériques. La neige fait aussi penser au Grand Nord canadien ou à certains coins paumés des plaines américaines.

Bref un sans faute qui prouve une fois de plus qu'Arte ce n'est pas seulement des documentaires passionnants mais aussi une production fictionnelle très solide.