s.s. nautilus
Journal de bord du Nautilus : 27/01/2023
Amélie au pays des soviets !
Merci Mr Jeunet et Mr Dussollier pour cette pépite qui donne envie de revoir ce petit bijou du cinéma français. Quand je pense que les Inrocks l'avait qualifié de film pétainiste. Ce petit court est la meilleure des réponses.
A déguster sans modération !!!



Journal de bord du Nautilus : 23/01/2023
Dans le fleuve des louanges faites à Avatar 2, j'aimerais faire part d'une réflexion qui va un peu à contre courant de la pensée dominante.

Mes enfants sont allés voir Avatar 2 ce week-end et j'étais moyen chaud de les accompagner. Déjà, à la base, je n'aime pas le cinéma de James Carmeron que je trouve simpliste et extrêmement manichéen. Le seul film à peu près regardable est sans doute Abyss et ça reste lourdingue et surtout je ne pardonnerai jamais à James Cameron d'avoir commis Aliens.

Bref, il y avait une séance de Babylon à la même heure qu'Avatar, donc je les ai laissé à leur hommes bleus et me suis tapé 3 heures de grand n'importe quoi. Y'a quelques bonnes idées et on rit quelque fois mais la mise en scène de Damien Chazelle à base de caméra sur l'épaule et de mouvement rapides pour passer d'un visage à un autre donne rapidement la gerbe et gâche royalement la plupart des scènes. Le rythme est très étrange. Parfois lent au point qu'on le remarque puis ça accélère d'un coup sans raison. Bref je suis pas rentré dedans même si la prestation de Margot Robbie est convaincante.

A la sortie du ciné, j'ai demandé à mes enfants ce qu'ils avaient pensé d'Avatar 2 et ils m'ont dit en gros. "C'était super beau, on a jamais vu des effets spéciaux comme ça".

C'est sûrement vrai. Le problème est que, pour moi, quand on voit les effets spéciaux, c'est que c'est raté. Par exemple, dans Premier contact , on ne voit pas les effets spéciaux, même si ils sont excellents. Sur Pandora c'est beaucoup plus dur car tous les plans sont bourrés d'effets spéciaux car rien n'existe. De ce fait, il n'y a plus de plans qui incluent des effets spéciaux, les plans sont des effets spéciaux.

Ça m'amène à la réflexion suivante. En regardant la bande annonce d'Avatar 2, j'avais l'impression de voir une cinématique de jeu vidéo. Pour un jeu vidéo ça passe et il y en a même de très belles mais une cinématique de plus de 3 heures dans une salle de ciné... La transformation d'un certain cinéma en cinématique est même déjà acté dans certaines expressions. Par exemple MCU (Marvel Cinematic Universes). Je comprends que ça plaise à un public de gamers (mes enfants le sont) mais ça n'a plus rien à voir avec du cinéma. C'est autre chose. C'est bien pour ça que les dernières sorties Marvel et autres super-héros me laissent relativement de marbre (je me suis arrêté à Iron Man 2).

Alors bien-sûr, il reste encore des réalisateurs pour qui le cinéma est encore un art et non un produit de consommation rapide (cinemacdo). Mais une part croissante du cinéma de block-busters ne se préoccupe plus de faire une oeuvre. On planifie des sorties de suites de films un peu comme on tease les sorties de jeux vidéo. Les gens qui travaillent dans ces studios (Disney et autres) le font dans des conditions déplorables (de même que pour les jeux vidéo d'ailleurs). Le réalisateur est devenu un exécutant que l'on peut remplacer à tout moment. Ce phénomène est correlé également au fait que l'on ne se préoccupe plus des conditions de visionnage des films. Comme si regarder un film sur sa télé était équivalent à l'expérience en salle.

En ce qui me concerne je continuerai à aller dans les salles obscures. Je continuerai à boycotter les plateformes de streaming. Je pesterai contre Netflix qui fait de Glass Onion un netfilm et pas un film à part entière.

En espérant que les marchands de temps de cerveau disponible ne parviennent pas à tuer définitivement le 7ème art.

Il y a toujours de l'espoir.




Journal de bord du Nautilus : 24/05/2022
Le festival Magicbus m'a permis de découvrir en live une artiste grecque qui me semblait promise à un bel avenir, j'ai nommé Marina Satti . Je dois dire que je n'ai pas été déçu !




Mêlant musique traditionelle des balkans et rythmiques électroniques, cette jeune artiste touche à tout fait preuve sur scène d'une aisance et d'une maîtrise étonnante. Elle passe allègrement du grecque au bulgare, du français à l'arabe (son père est d'origine soudanaise). Elle a aussi la danse dans la peau. C'est un vrai plaisir pour les oreilles et les yeux.




Malgré l'absence de deux choristes pour cause de Covid, les polyphonies sont remarquables. Ceux qui connaissent les voix bulgares apprécieront.




Elle mérite bien son surnom de Björk grecque. Sa reprise de Crystalline version Omar Souleyman en est la preuve.




Nul doute qu'elle a tout d'une grande. Un peu de réconfort après la perte d'un autre grand artiste grec, le très regretté Vangelis . Paix à son âme et merci pour tout...





Journal de bord du Nautilus : 11/10/2021
François Ruffin est en tournée pour présenter son nouveau film co-écrit comme d'habitude avec Gilles Perret :




Le film rappelle beaucoup Merci patron! par son humour et ses émotions fortes. On pleure pas mal et on rit en même temps. C'est un film qui fait vraiment du bien. Il montre la vie de ces travailleuses essentielles qui ont été en première ligne et que l'on "rémunère si mal" pour reprendre le discours pleins de blablas et sans action concrète de notre cher monarque.

Mention spéciale à Bruno Bonnell, le pitre LaREM, touché par la grâce et qui nous fait bien rire malgré tout. Lors du débat de rue qui a précédé l'avant-première devant le Gibert-Joseph, étaient venus une bande de supporter de droite scandant des "Vauquiez président !" et des "Allez les bleus !" (sous-entendus les flics). Bref, du haut niveau. Ruffin les a mouché en leur demandant si ils savaient ce qu'avait dit le général De Gaule aux grands patrons à la Libération ("On ne vous a pas beaucoup vu à Londres..."). Les pauvres bleus n'avaient que des "Je ne parle pas aux représentant de l'extrême gauche" à rétorquer. "Mais qu'est-ce que vous faites là alors !" a répliqué Ruffin. Tout était dit.

Merci François pour ce très bon moment et pour le débat d'après projection. Le film sort ce mercredi en salle. Précipitez-vous !

Petit plus, la fameuse chanson "Debout les femmes" qui fleure bon la révolution..




Journal de bord du Nautilus : 09/10/2021
"Il est temps de mourir". Cette sentence définitive de Roy Batty dans le fabuleux Blade Runner convient parfaitement au dernier opus de James Bond, No time to die .

Non pas que le film soit mauvais, mais il marque la fin d'une époque. Bien-sûr, Fukunaga n'a pas le talent de Sam Mendes , mais il n'y a pas que ça. Le film manque cruellement de rythme, d'enjeux, de vie. Tous les défauts de Bond sont là mais comme un passage obligé. Son alcoolisme n'est évoqué que par un nombre incalculable de shots. Les Aston Martin sont au nombre de 3 : l'antique DB5 qui fait le gros du job, la V8 Saloon (moins belle que la Vintage à mon goût) et la récente DBS n'étant là que pour le décor.

C'est relativement bien filmé, la ville de Matera est une fois de plus mise à contribution pour son décor pittoresque. On a l'impression que l'on a voulu rendre hommage à la grande époque. Notamment avec la base secrète du méchant, tout en béton.

Côté casting pas de réelle surprise car le film reprend les personnages des derniers épisodes de manière encore plus présente que dans Spectre . On a même droit à un portrait de l'ancien M au mur, façon vieille aristocratie britannique des plus pathétiques. On notera quand même la présence furtive de la resplendissante Ana de Armas , la magnifique Joi dans Blade Runner 2049 , dans le rôle d'une agente de la CIA. La future remplaçante de 007 dans la saga n'explose pas à l'écran, c'est le moins que l'on puisse dire.

La musique de Hans Zimmer est sans grande originalité et va même jusqu'à reprendre des bouts de thèmes d'anciens James Bond renforçant encore le côté nostalgique et mortuaire de l'entreprise.

Bref, c'est la fin. C'est triste et en même temps, on se doit de remercier Daniel Craig d'avoir remarquablement incarné l'espion de sa Majesté. On retiendra


le meilleur James Bond selon moi et également le magnifique


Mais la fin de James Bond marque aussi la libération de Daniel Craig qui va pouvoir exploiter son grand talent dans de nouvelles productions comme on a pu le constater avec l'excellent


où il incarne une sorte d'Hercule Poirot du Middle West au mileu d'une distribution remarquable. Souhaitons que l'on puisse découvrir d'autres facettes de son talent.

Alors, bien-sûr, à la fin du générique, on nous dit comme toujours que "007 reviendra", mais ce sera sans moi.