s.s. nautilus
Journal de bord du Nautilus : 09/10/2021
"Il est temps de mourir". Cette sentence définitive de Roy Batty dans le fabuleux Blade Runner convient parfaitement au dernier opus de James Bond, No time to die .

Non pas que le film soit mauvais, mais il marque la fin d'une époque. Bien-sûr, Fukunaga n'a pas le talent de Sam Mendes , mais il n'y a pas que ça. Le film manque cruellement de rythme, d'enjeux, de vie. Tous les défauts de Bond sont là mais comme un passage obligé. Son alcoolisme n'est évoqué que par un nombre incalculable de shots. Les Aston Martin sont au nombre de 3 : l'antique DB5 qui fait le gros du job, la V8 Saloon (moins belle que la Vintage à mon goût) et la récente DBS n'étant là que pour le décor.

C'est relativement bien filmé, la ville de Matera est une fois de plus mise à contribution pour son décor pittoresque. On a l'impression que l'on a voulu rendre hommage à la grande époque. Notamment avec la base secrète du méchant, tout en béton.

Côté casting pas de réelle surprise car le film reprend les personnages des derniers épisodes de manière encore plus présente que dans Spectre . On a même droit à un portrait de l'ancien M au mur, façon vieille aristocratie britannique des plus pathétiques. On notera quand même la présence furtive de la resplendissante Ana de Armas , la magnifique Joi dans Blade Runner 2049 , dans le rôle d'une agente de la CIA. La future remplaçante de 007 dans la saga n'explose pas à l'écran, c'est le moins que l'on puisse dire.

La musique de Hans Zimmer est sans grande originalité et va même jusqu'à reprendre des bouts de thèmes d'anciens James Bond renforçant encore le côté nostalgique et mortuaire de l'entreprise.

Bref, c'est la fin. C'est triste et en même temps, on se doit de remercier Daniel Craig d'avoir remarquablement incarné l'espion de sa Majesté. On retiendra


le meilleur James Bond selon moi et également le magnifique


Mais la fin de James Bond marque aussi la libération de Daniel Craig qui va pouvoir exploiter son grand talent dans de nouvelles productions comme on a pu le constater avec l'excellent


où il incarne une sorte d'Hercule Poirot du Middle West au mileu d'une distribution remarquable. Souhaitons que l'on puisse découvrir d'autres facettes de son talent.

Alors, bien-sûr, à la fin du générique, on nous dit comme toujours que "007 reviendra", mais ce sera sans moi.


Journal de bord du Nautilus : 26/09/2021
On attendait avec un certaine impatience la nouvelle adaptation du premier roman du fameux cycle de Frank Herbert par le prodige du cinéma Denis Villeneuve et on n'a pas été déçus.




Villeneuve est reparti du récit original qui est déjà très dense et l'esprit du roman a été respecté à la lettre. Tout y est : le pouvoir religieux du Bene Gesserit, les intrigues politiques entre les différentes Maisons (Atréides, Harkonnen...) le peuple mystérieux des Fremen, l'Epice, le ver des sables, la prescience, le krys, la Voix... Un sans faute donc. Si vous n'avez pas lu le cycle de Dune, vous risquez quand même de vous trouver submergés par les différents concepts même si l'utilisation d'une sorte de Wikiprédia utilisé par Paul vient astucieusement au secour du spectateur.

Côté casting, c'est aussi parfait. Le jeune Timothée Chalamet habite véritablement le rôle complexe de Paul. Oscar Isaac est comme à son habitude impeccable en duc Leto. Rebecca Ferguson incarne une dame Jessica à la fois forte et terrifiée. Tous les autres rôles sont également parfaitement castés.

Mais le plus impressionnant selon moi est l'image très travaillée comme à son habitude. Villeneuve atteint là un sommet en matière de couleurs. Il n'est pas tombé dans le piège du désert orange qui écrase tout de sa chaleur. La plupart des scènes se déroulent en semi-obscurité. Car sur Arrakis, on vit à l'abri de la chaleur et essentiellement la nuit, enterrés comme les Fremen. Les clairs-obscurs renforcent le côté oppressant de cette planète où l'empire a du mal à s'implanter et à comprendre le peuple des sables.

Côté décors et SFX, là encore un sans faute. Les vaisseaux sont d'une beauté à couper le souffle. Mention spéciale au traitement des ornithoptères qui sont d'un réalisme fou. Le son est également de la partie avec parfois une musique un peu trop présente (défaut déjà remarqué sur Blade Runner 2049 .

Pour en savoir un peu plus sur le tournage du film et la vision de Denis Villeneuve, un interview très intéressant du cinéaste par le Fossoyeur de films et Nexus 6, deux des meilleurs spécialistes cinéma sur Internet.




Dune a enfin une adaptation cinématographique à la hauteur du chef d'oeuvre de Frank Herbert qui relègue celle de David Lynch aux tiroirs de l'oubli. Vivement la deuxième partie !


Journal de bord du Nautilus : 06/11/2020
Une tendance inquiétante se profile encore amplifiée par la crise sanitaire actuelle. L'industrie du cinéma privilégie son offre de streaming au détriment du cinéma en salle. C'était vrai avec Netflix, ça l'est encore plus avec Disney.

Par exemple, un des derniers films de Kenneth Branagh , Artemis Fowl (2020) ne sort que sur la plateforme Disney+. Je ne sais pas ce que pouvait donner l'adaptation ciné de ce chef-d'oeuvre de la littérature fantastique jeunesse (plus puissant, à mon avis, qu'Harry Potter), mais le fait est que je ne pourrais pas le voir en salle.

C'est aussi vrai pour le dernier film des frères Coen , La ballade de Buster Scruggs qui n'est sorti que sur Netflix. De même le prochain Sofia Coppola , On the Rocks (2020) qui ne sort que sur Apple TV.

Disney a même indiqué qu'il va à terme ne plus sortir que ses "films" sur Disney+. Ce n'est pas que ça me gêne outre mesure que la nouvelle bouse Avengers ou StarWars ne sorte pas en salle mais ça risque de contaminer les autres compagnies qui pourraient privilégier la rentabilité (pas besoin de payer de distributeurs et tous les "clients" captifs casquent une montagne d'abonnements) à l'artistique.

Je propose donc que cette consommation cinémacdo n'utilise plus le terme de film mais netfilm par exemple tout comme McDo ne devraient pas pouvoir utiliser décemment le terme de restaurant.

Tant qu'il y aura encore des Villeneuve , Nolan ou Dupontel pour y croire encore, j'irai soutenir leur démarche dans les salles obscures.

Que vive le cinéma et qu'on puisse encore l'appeler le 7ème art...


Journal de bord du Nautilus : 14/02/2020
Depuis Agents très spéciaux , Guy Ritchie avait quelque peu perdu pied (King Arthur , Aladdin ). Le voici de retour nettement plus dans son élément. Sans dévoiler l'intrigue, sachez que le réalisateur a réussi une mise en abyme particulièrement astucieuse autour du milieu scénaristique.




On retrouve l'atmosphère déjantée de Snatch avec une distribution quasi parfaite. La confrontation Hugh Grant - Charlie Hunnam est jouissive. Matthew McConaughey campe un truand classique et efficace sans surjouer. Colin Farrell y fait également étalage de son grand talent dans un rôle surprenant.

On rit beaucoup. C'est très bien filmé et monté comme Ritchie sait le faire. Bref du tout bon. Sinon toujours pas de nouvelles concernant Sherlock Holmes 3, Ritchie n'étant pas crédité, on peut être pessimiste sur ce projet. Dommage...


Journal de bord du Nautilus : 05/02/2020
Contre toute attente, et Dieu sait si l'attente est un plat que se mange sans sauce, Alexandre Astier a révélé un teaser de Kaamelott - Premier volet , l'adaptation cinématographique de Kaamelott qui devrait donc sortir le 27 juillet 2020.




Les plus attentifs d'entre vous auront sans doute reconnu le château de Bressieux à 9 secondes du début du teaser, fierté du Dauphiné.